STEREO NEWS

FRÉQUENCES
Pedro D-Lita est le concepteur et parolier du collectif Stereo Maracanã de Rio de Janeiro. Après une première visite en 1997, il distille depuis sur Paris sa passion pour la culture urbaine et la musique contemporaine qui agitent nos villes. On peut le retrouver tambem tous les mois sur www.brazucaonline.org et les vendredis sur radio libertaire 89.4FM !
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Les dandys d’Estacio

L’écrivain Paulo Lins est l’auteur du roman Cidade de Deus (La Cité de Dieu), best-seller à l´origine du film éponyme. Le long-métrage a remporté d’un grand succès de par le monde, tout en gagnant respect de la profession (il a même été nominé aux Oscars).Paulo est né à Estácio (quartier populaire de Rio de Janeiro, berceau du samba), mais a grandi dans la Cité de Dieu. Encore adolescent, il y compose plusieurs sambas-enredos, morceaux destinés à accompagner le défilé des l´écoles de samba.

Au cinéma, il signe le scénario de Quase dois irmãos (Presque frères) et est entrain de teminer celui de Faroeste Caboclo, long-métrage basé sur la musique éponyme du groupe de rock culte Legião Urbana.

En ce moment, Paulo Lins est aussi en train de plancher sur son prochain livre Desde que o Samba é Samba é Assim (que l’on pourrait traduire comme « depuis que le samba est né, ça se passe comme ça »), qui retrace l´époque faste du samba entre 1928 et 1932, dans le quartier d’Estácio, quand les illustres sambistes Ismael Silva, Bidê, Marçal ou autres jouaient et improvisaient jusqu’au petit matin. “Le livre retrace la naissance de la première école de samba au Brésil, la naissance des pratiques d’umbanda et de la capoeira dans les classes populaires” nous confie l’auteur.

Très prochainement sur vos écrans, un nouveau film tiré de l’œuvre de Paulo Lins…

Tom Zé, Chico Buarque et plusieurs autres musiciens parlent de la dictature

Le témoignage de Tom Zé révèle que les responsables de la censure, qui étaient l’un des bras du pouvoir à l’époque de la dictature, étaient illettrés et incultes. Sa rencontre avec l’une de ces responsables, en 1970 s’avéra presque comique. Cette dernière décida en effet de modifier les paroles de l’une de ses chansons parce qu’elle n’avait pas aimé la phrase : “un beau rot de coca-cola”, qu’elle transforma en “un beau souffle de coca-cola”.

Chico Buarque raconte, lui aussi, qu’en 1970, lorsqu’il rentra de son exile volontaire en Italie, il parvint à contourner la répression de manière sensationnelle. Les paroles de sa chanson Apesar de Você, disaient : “Aujourd’hui c’est toi qui commandes, ce que tu dis es dit, il n’ y a pas à discuter”. Et il concluait dans le refrain : “Mais que tu le veuilles ou non, demain sera un autre jour”. Cette chanson passa sur toutes les radios pendant des mois jusqu’à ce que les censeurs se rendent compte qu’elle ne s’adressait pas à une femme, mais bien au Général Médici, le dictateur alors au pouvoir.

Ces ceux anecdotes et bien d’autres encore font partie des 12 fascicules de A Ditadura Militar no Brasil – A História em Cima dos Fatos, (La dictature militaire au Brésil – L’histoire telle qu’elle est) qui viennent d’être publiés aux Éditions Caros Amigos, qui publient aussi une revue mensuelle du même nom et quelques autres publications indépendantes. Cette collection fait une récapitulation de tout ce qui s’est passé au cours de ces sinistres années à partir de témoignages des survivants ayant subi la torture ou ayant fait l’objet de censure.

Mais cette maison d’édition de São Paulo ne s’arrête pas là, elle prépare actuellement la publication de 16 fascicules intitulés : História do Negro no Brasil e na América Latina (Histoires des Noirs au Brésil et en Amérique Latine). Le premier d’entre eux devrait se trouver en librairie en octobre prochain.

Chapa Quente / C’est chaud

Musicien et militant, Marcelo Yuka est le co-fondateur du groupe rock O Rappa. On lui doit entre autres les tubes Me Deixa (Laisse-moi) et A minha Alma (Mon âme). En 2005, il forme le groupe F.U.R.T.O (initiales de Front Urbain des Travailleurs Organisés) et sort l’album SangueAudiência.

Yuka continue aussi la lutte sur le terrain: il s’est associé à la B.O.C.A. – sigle de Brigade Organisée de Culture Activiste - association à but non lucratif à l´initiative de l’implantation d’activités culturelles dans les prisons de Rio de Janeiro. “Ca fait 500 ans qu’on se bat contre la violence et les armes, histoire de protéger les privilégiés. Aujourd’hui, il est temps de prendre des initiatives positives et intelligences en faveur des plus défavorisés. L’un des prochains objectifs de la B.O.C.A est de mettre en place des projets facilitant l’accès des plus démunis à l’éducation et la culture” promet le musicien.

A tres bientôt pour de nouvelles fréquences.

Pedro D-Lita

Un commentaire

  1. Posté le Mercredi 10 septembre 2008, , Permaliens

    Enchanted… falling, falling.
    Muito bonito, emocionante para exilados românticos.
    Beijos pro Pedro & seus amigos,
    Alice de Andrade

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