Archives tag : hip-hop

Na boca de 2010

 

STEREO NEWS

FRÉQUENCESPedro D-Lita est le concepteur et parolier du collectif Stereo Maracanã de Rio de Janeiro. Après une première visite en 1997, il distille depuis sur Paris sa passion pour la culture urbaine et la musique contemporaine qui agitent nos villes. On peut le retrouver tambem tous les mois sur www.brazucaonline.org et les vendredis sur radio libertaire 89.4FM !

www.pedrodlita.over-blog.com

 

De 1999 à 2009-C’était en 1999. Le Brésil, La France et le reste du monde étaient d’ors et déjà dans l’attente de l’arrivée de l’an 2000. Eduardo Coutinho, auteur de documentaire, s’apprêtait à monter les grands escaliers d’une favela de Rio le jour même du réveillon. Ceci, dans le but de tourner Babilônia 2000, un documentaire emblématique sur ce à quoi ces habitants aspiraient pour cette année tant attendue. Lenine était l’invité de Caetano Veloso sur le projet Carte Blanche, à la cité de la musique de Paris. Tandis qu’au Brésil, ses musiques inondaient les bandes annonces des télé-novelas. En France, MC Sollar, rappeur d’origine sénégalaise, recueillait encore les fruits du succès de musiques produites dans les années 90. Mais aussi ceux de ses prouesses, comme celle d’avoir participé au jury du Festival de Cannes au cotés de Martin Scorsese. 

Dix ans sont passés et beaucoup de choses ont changés, grâce à la socialisation, l’accès aux logiciels de programmation musicales a été facilité. Les artistes peuvent s’essayer et créer un accompagnement musical dont la sonorité soit suffisamment sophistiquée, sans perdre ni vigueur ni identité. Les informations musicales mondiales (dub, afrobeat, reggae, hip-hop…) se multiplient et circulent dans le monde entier. 

L’arrivée de 2010 augmente les productions en home studio et myspace est devenu un judicieux moyen de circulation d’informations pour montrer ses œuvres. Néanmoins, peu d’artiste en tire des bénéfices financiers. Qu’est ce qui pourrait être fait, au-delà d’internet, pour que nous puissions continuer notre route en marge des structures corrompues et fatiguées des grandes maisons de productions et pour qu’un jour enfin nous puissions les dépasser ? Est-ce que le piratage des CD et des DVD vaut vraiment la peine ? Alimentons-nous les mafias chinoises ? Ou, est-ce que nous créons notre propre économie parallèle et démocratisons ainsi la diversité, l’art et l’information ? 

Les difficultées économiques donnent du pouvoir à notre créativité, et c’est grâce aux nouveaux moyen de diffusion que l’on créer des liens, que l’on montre son travaille, que l’on exprime ses sentiments, par le biais de textes et d’idée aussi bien visuelles que musicales. 


par Pedro D-Lita, le Mardi 5 janvier 2010, publié dans STEREONEWS

Herança africana

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STEREO NEWS

FRÉQUENCESPedro D-Lita est le concepteur et parolier du collectif Stereo Maracanã de Rio de Janeiro. Après une première visite en 1997, il distille depuis sur Paris sa passion pour la culture urbaine et la musique contemporaine qui agitent nos villes. On peut le retrouver tambem tous les mois sur www.brazucaonline.org et les vendredis sur radio libertaire 89.4FM !

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Mouvements alternatifs

Des débuts de la colonisation à nos jours, l’héritage de l’Afrique a influencé notre culture. Malgré l’ignorance et la stupidité des esclavagistes, la culture de la résistance a été transmise, de génération en génération, par la voix de l’oralité, sans l’appui ni la force des moyens de communication. Ainsi, au cours des ans, elle s’est fait de nombreux disciples disséminés de par le monde, trouvant ainsi la place qui lui revenait. Des mouvements alternatifs comme la capoeira, le maracatu, les “blocos afro”, le candomblé et, un peu plus tard le hip-hop et le funk carioca (avec son “tamborzão”, un rythme extrait du maculelê), ont commencé à prendre de plus en plus d’importance et à faire peu à peu partie intégrante de l’identité nationale. En fait, tous ont un point commun: tous sont apparus dans les ghettos en tant qu’activité marginale avant de devenir officiels et d’être acceptés par une grande partie de la société.

A Paris, où la présence africaine est latente, suite à la colonisation française en en Afrique de l’Ouest, j’ai eu l’opportunité de rencontrer des gens qui font partie de l’histoire de la culture populaire de Pernambuco, un état qui a reçu diverses ethnies africaines - les bantous, les yorubas, les gêges, entre autres- pour les faire travailler à la production du sucre dans les champs de canne à sucre de la « Zona da Mata ».

 

Pour échapper à la répression gouvernementale, les temples de candomblé de Recife, s’écartèrent peu à peu de la politique et se transformèrent en sociétés carnavalesques, comme le maracatu. Un rituel dans lequel les noirs, déguisés en nobles, feignaient de révérer la Cour du Roi, alors qu’en réalité ils évoquaient leurs Dieux. Ainsi, pendant des décennies, ils continuèrent à subir la discrimination, mais ne cessèrent jamais de résister. Tout comme la samba, toutes ces autres expressions artistiques sont parvenues à vaincre les modèles conventionnels grâce à leur originalité.

  


par Pedro D-Lita, le Mercredi 28 janvier 2009, publié dans STEREONEWS